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20 février 2010

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La cité de la petite campagne

19 février 2010

La Cité des jardins recto

En cherchant des renseignements historiques sur les lotissements ESSO, je fus assez surprise de découvrir 2 choses.

La première est la date de l’installation des raffineries de pétrole : dans les années 1930, en pleine Grande Crise, donc, à l’époque. Elles furent partiellement détruites en 1940 (Allemagne)  puis en 1945 (USA) puis remises en activité dans les années 50.
La deuxième chose étonnante est que la cité ESSO a été conçue par un duo d’architectes, Pierre Chirol et Georges Peulevey, dès l’installation des usines. La « Cité de la Petite Campagne », de style néo-normand est ainsi classée au Patrimoine National. J’ai retrouvé des photos d’amateurs de cités ouvrières en Normandie, mais qui ne montrent que des constructions luxueuses d’ingénieurs ou de cadres. Il y avait même…un club-house, si si !
L’histoire de Port-Jérôme est décrite par la menu ici et développe de façon passionnante les intérêts géo-économiques de cet emplacement tout en témoignant de l’histoire française de la transformation du pétrole sur notre territoire (car souvenons-nous : en France on n’a pas de pétrole, mais on a des idées : les années Giscard …je dois confesser que je m’en souviens grâce à la grande sécheresse de l’année 76, car en Normandie d’ordinaire il pleut).
Le port du Havre doit sa bonne fortune au commerce du pétrole durant la Grande Crise. Et sans doute une bonne partie de sa destruction quasi-totale lors du passage des américains.
L’installation des raffineries fut un chantier titanesque de remblayage des marais et des plaines alluvionnaires qui lui servent de socle.

La construction de la Cité de la petite campagne : pas de documents très précis sur la commande et le cahier des charges, non plus des désirs des architectes autour de ce projet tout de même très conséquent pour l’époque : la construction de plusieurs centaines de maisons. Le patrimoine National l’a recensée pour son style original, mais ne détaille pas l’histoire ni son plan si particulier en arc de cercles, suivant les courbes de la colline du bas vers le haut.

Je sais qu’il ne s’agit pas pour ce travail de faire un mémoire sur l’architecture ni sur l’urbanisme. Néanmoins ce sont des modèles avec lesquels les gens ont vécu et qu’ils ont consciemment, ou inconsciemment, imprimés dans leur façon de vivre dans la concurrence visible et la très grande réalité physique des contrastes de classe, dans la modélisation d’une hiérarchie issue de leur quotidien professionnel. La vérité c’est que plus personne ne se souvient du nom même de la cité qu’il habite. Moi-même, je ne le savais pas.

J’aimerai recueillir le témoignage de mes parents là-dessus (en clair : les enregistrer). Ils en ont le désir aussi, mais il faut trouver le calme nécessaire pour bien faire.
Tout d’abord je voudrai les interroger séparément, j’ai bien réfléchi à cela et leur ai proposé ce dispositif pour lequel à priori ils sont d’accords. Ils n’ont pas les mêmes témoignages à donner, j’en suis certaine. Avant de se connaître ils ont eu une enfance séparée et très différente. Puis les interroger ensembles, oui. Sur leur passé commun, leur rencontre, leur vie professionnelle et sociale.
Le centre de mon travail est là. Je sens que c’en est le cœur. Et si éventuellement je me trompe à ce sujet, je le saurais.

Aujourd’hui, j’ai capturé les vidéos sur l’ordinateur en vue des montages, la balade avec Pablo et le jeu. Je me suis replongée dans les images : ce qu’il faut enlever, les relations possibles entre les prises, les contagions…les dispositifs.
Çà a l’air un peu simpliste, mais c’est long et fastidieux : l’esprit se prépare aux coupures, à ce qui devra rester, aux broderies minutieuses et précises. A l’invisible…le creux et la ligne tendue.

La Cité des jardins verso

Elargir ses horizons…

5 décembre 2009

Comme pour tout autre projet j’aime explorer ce qui entoure mon propos.

Quelques recherches avec des mots clés sur Google d’abord, puis mes voyages sur notre belle planète satellite.

Les hits de Google avec le titre du projet :

Recherche Google01

Le projet Nord-Sud a un axe culturel, politique et « humanitaire »…deux mondes s’affrontent, se frottent, s’apprivoisent donc. Ne se comprennent pas, ne vivent pas ensembles : en résumé.

Je réfléchis au titre de ce travail ; pour l’instant provisoire :  il est arrivé ainsi. Il s’installe, s’impose comme il est venu, une sorte d’évidence. A revisiter, le mot « projet » : un projet est tout autant privé que collectif, il est planifié, réfléchi, c’est un plan. Et pourtant ma migration fut involontaire, et elle raisonne avec une histoire qui me dépasse et de loin. Je pense à ceux qui font le voyage dans l’autre sens : du Sud vers le Nord, pour des raisons similaires ou pour les mêmes causes et conséquences économiques. Je crois que nous sommes liés d’une certaine façon. Je n’y vois pas une façon de me flageller mais au contraire une forme de lucidité qu’il faut avoir à l’esprit : nos destins se croisent…et sont liés.

Projet Nord-Sud+Pablo et Bérénice

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Nos deux prénoms se distinguent presque naturellement mais s’unissent aussi par la magie des mots clés. Pablo, affublé par sa mère d’un prénom presque exotique, premier enfant mis au monde loin des ciels bas et des crachins… et mon prénom qui appelle les tragédies inévitablement. Pablo Neruda, Pablo Picasso, Pablo Casals…Bérénice et Racine Bérénice et Aragon..Pas de perspective ? C’était le hit.

Bérénice et Pablo :

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j’aime à retenir : Pablo, jeans à bretelles 70€10 et Bérénice, pull à 46€75, c’est bon d’être chez soi…

Trêve de plaisanteries.

Google Earth : cette photo qui pour moi est très, je ne sais pas, significative de mon travail ?

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Voici le Pont de Tancarville…maintes et maintes fois traversé.

Son ombre seulement et un vague map de son ruban de bitume (quand on regarde bien). Juste son ombre sur l’eau trouble de la Seine. Je trouve ça très beau et très émouvant d’une certaine façon. Je crois que c’est une belle synthèse de l’art : montrer l’ombre, ce qui reste.

Par ailleurs cela me ramène à d’autres pensées : les ombres d’Hiroshima imprimées sur les murs, la mémoire et la trace, sa douleur et l’oubli …Par satellite, voici la mémoire du moment.

Aujourd’hui j’ai remonté la Seine jusqu’à Rouen. C’était étrange et beau. Entre les deux, Notre Dame de Gravenchon mais aussi d’autres chemins tout aussi intimes. La Seine est une frontière qui sépare Deux mondes : deux mondes que j’ai aimés pour des raisons différentes et m’ont construite. L’industrie versus les sortilèges mais…autre sujet.

Et pour faire aller dans le sens de La Spesa, « Mon fils Pablo » , je découvre une chanson inédite :

Pablo

Cliquer sur la chanson « Pablo » entre le « k du q » et « jalousie »…

Sinon le texte suffirait presque ?

Claude Nougaro
PABLO
Ça vient
La sage-femme dit ça vient
Ça vient
Le fils que tu veux me donner
Ça vient
Ma distendue, mon étranglée
Ô ma montagne écartelée
Fille ou garçon qu’importe
Faut que ça sorte
Pousse la porte
Viens viens viens viens viens

Il n’y a pas eu d’ombre au tableau
Mais une lumière au Pablo
Pablo Pablo Pablo Pablo
Et ma dulcinée de Rio
Riait en voyant tes grelots
Pablo Pablo
Mais tu te radines un peu trop tôt
Te voilà dans une cabine Apollo
Avec des tuyaux
Derrière une vitre d’Ambroise Paré
La vie va vite pour nous séparer
Petit
Elle a plein de haches et de scies…
Je vais voir dehors si

Ça vient
La sagesse des hommes
Ça vient
Les clefs du clair royaume
Ça vient
Amour Toujours Fraternité
Ce vocabulaire raté
Reprend du poil de la bête
C’est la fête
Des poètes
Viens viens viens viens viens

Bien sûr je flatte un peu le tableau
Trempant dans tes yeux mon pinceau
Pablo Pablo Pablo Pablo
Je suis l’ouvrier d’une usine
Qui sirène dans ma poitrine
C’est laid, c’est beau
Y a beaucoup de fumées
Peu de flamencos
Mais je vais au boulot
Mon Pablo
Pour que tu aies chaud

Dodo, lolo, Pipi, Casso
Entre le tigre et l’agneau
Avec l’étoile tout là-haut
Descendant sur le front du pueblo
Pablo, Pablo, mon fils, mon lien
Ça vient…

Earth ship

29 novembre 2009

J’ai téléchargé la version Pro de Google earth pour enregistrer des vidéos de ma navigation dans la zone industrielle de Port-Jérôme, et visiter en 3D le lotissement de la cité Esso…
Prochain article.

just play it

29 novembre 2009

La capture vidéo de Drop Ship a été la source de pas mal d’interrogations au final.

Nous découvrons tous le jeu, sauf Pablo qui le connait. Nous le soumettons à la question :  » Comment on y joue? « ,  » Que s’y passe-t-il? »,  » Quel est le but du jeu? « ,  » Les engins qu’il est sensé conduire ou les paysages que l’on y traverse? « .

Des questions vagues pour lui, parfois sans aucun sens…Nous sommes (nous les non-initiés) traversés de l’intérêt de la création, de son but et de son sens, cherchons des choses sans rapport avec le jeu. Et surtout, nous ne sommes pas des « gamers ».

http://www.berenice.lautre.net//nord-sud/wp-content/documents/MOV08248.flv

Voici le scénario de Drop Ship : des organisations délinquantes, nous les nommerons ainsi, menacent la paix sur Terre en des endroits stratégiques de la planète. Une armée Mondiale (UPF), est appelée à la rescousse pour mener des missions spéciales avec la « 93ème » unité.

L’unité Bravo2 est en première ligne : le joueur est enrôlé dans cette unité et est aux ordres des dirigeants de cette unité de choc. Ok?

Le jeu se déroule en 4 parties : 4 campagnes. La première en Lybie, ensuite en Colombie, puis au Kazakhstan et enfin en Chine.

Chacune de ces campagnes visent un objectif bien précis, décrit dans son contexte. Je vous laisse quelques secondes pour deviner les affaires qui les sous-tendent.

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Nous enregistrerons les campagnes de Lybie et du Kazakhstan, dont les enjeux sont le pétrole : objectifs de la section Nord-Sud, bien sûr.

J’envoie donc mon fils faire une guerre virtuelle pour des intérêts divergents : celui du jeu, ludique par excellence, mais pétri d’une idéologie que je trouve douteuse,  et le mien qui est nébuleux et complexe mais est celui du détournement, de la création et de la subversion.

Grossièrement, le joueur est un « deuxième pompe »  d’élite qui doit obéir aux ordres et être performant dans un univers hostile. Réussir sa mission.

Dans le jeu, il est associé à une coéquipière qui l’aide à se repérer, lui donne des indications techniques et pratiques, mais aussi l’encourage outrageusement (c’est la mère qui parle : c’est qui cette radasse ?) : « Bravo champion ! », « Tu es  le plus fort ! », « Joli tir ! », « Bonjour chez vous !» quand l’ennemi est éradiqué…

Une autre voix off accompagne le joueur : le commandement supérieur qui le guide dans les objectifs de sa mission : trouver des preuves, tirer et détruire l’ennemi, se replier quand d’autres objectifs ou intérêts priment.

Il y a 2 cas de figure dans la description des « délinquants », ou plus prosaïquement, les méchants.  Les enjeux sont toujours liés à un type d’économie : pétrole, drogue, et technologies.  Economies dont nos sociétés font leur commerce mais politiquement annoncées pour notre bien-être et notre prospérité. Les « ennemis », eux, les développent, ou cherchent à nous tromper, sur leurs intentions : des terroristes, des dictateurs…

Les objectifs : des sites stratégiques (bases militaires, usines, mais aussi des bâtiments civils où se cachent des terroristes).

Pablo, notre joueur, est souvent en avion et nous survolons des paysages qui ressemblent à des clichés satellites dont les maps se composent au fur et à mesure de ses progressions. Une idée germe dans mon esprit d’aller chercher les images 3D de Google Earth de la zone industrielle dans laquelle nous avons filmé en prévision de raccords jeu-réalité-rush. De même pour les lotissements civils.

earth

Les passages au Kazakhstan, sur une mission de repérage dans un port industriel, ont pas mal de familiarité avec les scènes que nous avons filmées en Normandie.

Quand je regarde Pablo jouer et obéir aux ordres de son commandement, je pense au fils de Véronica, une amie anglaise de mes parents, qui s’est engagé dans l’armée parce que le travail ne courait pas les rues et qu’il faut bien gagner sa vie. Il est en Afghanistan et sa mère m’a montré des photos qu’il lui avait envoyées.

Nos fils finiront-ils ainsi, dans des guerres lointaines… ?

Je discute avec Pablo de ce que, en dehors de la distance ludique, ce jeu peut éventuellement provoquer chez un jeune. Le joueur est sans cesse encouragé, valorisé mais ne prend jamais aucune décision (les ordres viennent d’en haut), n’a jamais aucun choix à faire. Ce qui est le contraire de la vie. Il pilote des engins, est incorporé dans un groupe, connait le succès et agit pour le BIEN clairement défini.

Imagine que tu es jeune, tu n’es pas très accroché aux études, tu ne sais pas vraiment ce que tu veux et « dehors » c’est morose : il y a le chômage, il ne reste que des boulots durs peu rémunérateurs et qui ne font pas des héros. Et il y a l’armée…hum ? Simple réflexion.

Donc, Pablo, arrière petit-fils d’ouvriers d’usines pétrochimiques pourrait en bout de chaîne devenir un de ces guerriers qui va aller combattre les intérêts économiques d’une civilisation de la fin du pétrole ?

Pablo et Bérénice, Bérénice et Pablo

25 octobre 2009

Nous avons eu l’occasion récemment avec Pablo de nous associer et de « jouer » ensembles. Une façon de nous présenter dans ce projet Nord-Sud, puis de nous éclipser…



Vidéos web-cam : parhasards.fr et x-réseau

Merci à Jean-Paul Delore pour son enthousiasme et son talent à nous inventer.